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Tome premier.
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59
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sur Oedipe. 59

J’avaisdéjà reconnu, dans l’examen que j’ai faitde ma tragédie , une bonne partie des défauts que^observateur relève ; mais je me fuis apperçu qu’unauteur s’épargne toujours quand il se critiquelui-même, 8c que le censeur veille lorsque sauteurs’endort. Celui qui me critique a vu fans doutemes fautes d’un œil plus éclairé que moi. Cepen-dant je ne fais si, comme j’ai été un peu indulgent,il n’est pas quelquefois un peu trop sévère. Sonouvrage m’a confirmé dans l’opinion où je fuis , quele sujet d’Oedipe est un des plus difficiles qu’on aitjamais mis au théâtre. Mon censeur me propose unplan sur lequel il voudrait que j’euíse composéma pièce ; c’est au public à en juger : mais je fuispersuadé que si j’avais travaillé fur le modèle qu’ilme présente , on ne m’aurait pas fait même l’hon-neur de me critiquer. J’avoue qu’en substituant ,comme il le veut , Créon à PhiloHcte , j aurai s peut-être donné plus d’exactitude à mon ouvrage ; maisCréon aurait été un personnage bien froid , 8c j'auraistrouvé par-là le secret d'être à la fois ennuyeux 8cirrépréhensible.

On m’a parlé de quelques autres critiques : ceuxqui se donnent la peine de les faire , me feronttoujours beaucoup d’honneur 8c même de plaisir ,quand ils daigneront me les montrer. Si je ne puisà présent profiter de leurs observations , elles m’éclai-reront du moins pour les premiers ouvrages que jepourrai composer , 8c me feront marcher d’un pasplus sûr dans cette carrière dangereuse.

On m’a fait appercevoir que plusieurs vers de mapièce se trouvaient dans d’autres pièces de théâtre.