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U PREFACE.
l’on voit le palais de Pluton Sc celui du Soleil;des dieux , des démons , des magiciens, desprestiges, des monstres , des palais formés Scdétruits en un clin d’œil. On tolère ces extra-vagances , on les aime même, parce qu'on est làdans le pays des fées ; 8 c pourvu qu’il y ait duspectacle, de belles danses, une belle musique ,quelques scènes intéressantes, on est content. IIserait aussi ridicule d’exiger dans Alceste l’unitéd’action , de lieu Sc de temps, que de vouloirintroduire des danses 8 c des démons dansCinnaou dans Rodogune.
Cependant quoique les opéra soient dispensésde ces trois règles , les meilleurs font encoreceux où elles font le moins violées : on lesretrouve même , si je ne me trompe , dansplusieurs ; tant elles font nécessaires 8 c naturelles,8 c tant elles servent à intéresser le spectateur.Comment donc M. de la Motte peut-il reprocherà notre nation la légéreté de condamner dansun spectacle, les mêmes choses que nous approu-vons dans un autre ? II n’y a personne qui nepût répondre à M. de la Motte. t;J’exige avecn raison beaucoup plus de perfection d’une tra-» » gédie que d’un opéra, parce qu'à une tragédiej) mon attention n’est point partagée, que ce»> n’est ni d’une sarabande,ni d’un pas de deux> 5 que dépend mon plaisir ; 8 c que c’est à mon ame