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Tome premier.
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PREFACE.

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de la rime ? Les Anglais 8c les Italiens diraientégalement, après les Grecs 8c les Romains , lespâles humains Minos aux enfers juge , 8c enjambe-raient avec grâce fur l’autre vers ; la manièremême de réciter des vers, en italien 8c en anglais,fait sentir des syllabes longues 8c brèves , quisoutiennent encore l’harmonie sans besoin derimes : nous qui n’avons aucun de ces avantages,pourquoi voudrions - nous abandonner ceux quela nature de notre langue nous laisse ?

M. de la Motte compare nos poètes, c’est-à-dire nos Corneilles , nos Racines, nos D f préaux ^à des faiseurs d’acrostiches, 8c à un charlatanqui fait passer des grains de millet par le troud’une aiguille ; il ajoute que toutes ces puérilitésn’ont d’autre mérite que celui de la difficultésurmontée, ssavoue que les mauvais vers fontà-peu-près dans ce cas; ils ne diffèrent de lamauvaise prose que par la rime ; 8c la rimeseule ne fait ni le mérite du poète, ni leplaisir du lecteur. Ce ne sont point seulementdes dactyles 8c des spondées qui plaisent dansHomère 8c dans Virgile : ce qui enchante toutela terre, c’est l’harmonie charmante qui naît decette mesure difficile. Quiconque se borne àvaincre une difficulté pour le mérite seul de lavaincre, est un fou; mais celui qui tire du fondde ces obstacles mêmes des beautés qui plaisent à

Théâtre. Tom. I.

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