O E D 1 P "E.
92
L’amitié d’un grand homme est un bienfait des dieux :
Je lisais mon devoir Sc mon fort dans ses yeux ,
Des vertus avec lui je fis l’apprentissage ;
Sans endurcir mon cœur, j’affermis mon courage:L’inflexible vertu m’enchaîna fous fa loi :
Ou’euffai-je été fans lui? rien que le fils d’un roi,
Rien qu un prince vulgaire, Sc je serais peut-êtreEsclave de mes sens, dont il m’a rendu maître.
D I M A S.
Ainsi donc déformais, fans plainte Sc fans courroux,Vous reverrez Jocaste Sc son nouvel époux?
Philoctete.
Comment! que dites-vous? un nouvel hyménée...
D I M A S.
Oedipe à cette reine a joint fa destinée.
Philoctete.
Oedipe est trop heureux! je n’en fuis point surpris,
Et qui sauva son peuple est digne d’un tel prix :
Le ciel est juste.
D I M A S.
Oedipe en ces lieux va paraître :Tout le peuple avec lui, conduit par le Orand-Prêtre,Vient des dieux irrités conjurer les rigueurs.
Je me sens attendri, je partage leurs pleurs.
O toi, du haut des cieux, veille fur ta patrie,
Exauce en fa faveur un ami qui te prie ;
Que leurs vœux jusqu’à toi montent avec les miens !
Philoctete.
Hercule, fois le dieu de tes concitoyens!