Acte premier.
O E D I P E.
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Thébains, je l’avouerai, vous souffrez justementD’un crime inexcusable un rude châtiment.
Laïus vous était cher , 8c votre négligenceDe ses mânes sacrés a trahi la vengeance.
Tel est souvent le sort des plus justes des rois ! ( e)Tant qu’ils font fur la terre on respecte leurs lois,
On porte jusqu’aux cieux leur justice suprême ,Adorés de leur peuple, ils font des dieux eux-même :Mais après leur trépas , que font-ils à vos yeux?
Vous éteignez l’encens que vous brûliez pour eux;
Et comme à l’intérêt l’ame humaine est liée,
La vertu qui n’est plus est bientôt oubliée.
Ainsi du ciel vengeur implorant le courroux,
Le sang de votre roi s’élève contre vous.
Appaisons son murmure, 8c qu’au lieu d’hécatombeLe sang du meurtrier soit versé sur sa tombe.
A chercher le coupable appliquons tous nos foins.Ouoi ! de la mort du roi n’a-t-on pas de témoins :
Et n’a-t-on jamais pu , parmi tant de prodiges,
De ce crime impuni retrouver les vestiges ?
On m’avait toujours dit que ce fut un ThébainQui leva fur son prince une coupable main.
(à JocaJle.)
Pour moi qui, de vos mains recevant fa couronne,Deux ans après fa mort ai monté fur son trône ,Madame, jusqu’ici, respectant vos douleurs,
Je n’ai point rappelé le sujet de vos pleurs ;
Et de vos seuls périls chaque jour alarméeMon ame à d’autres foins semblait être fermée.
A