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O E D I E E.
J O C A S T E.
Seigneur, quand le destin me réservant à vousPar un coup imprévu m’enleva mon époux ;
Lorsque, de ses Etats parcourant les frontières,
Ce héros succomba sous des mains meurtrières ;Phorbas en ce voyage était seul avec lui.
Phorbas était du roi le conseil 8c l’appui :
Laïus qui connaissait son zèle 8c sa prudence ,Partageait avec lui le poids de fa puissance.
Ce fut lui qui du prince , à ses yeux massacré ,Rapporta dans nos murs le corps défiguré :
Percé de coups lui-même, il se traînait à peine ;
II tomba tout sanglant aux genoux de sa reine.
«i Des inconnus, dit-il, ont porté ces grands coups ;
,, Ils ont devant mes yeux massacré votre époux ;
,, Ils mont laissé mourant; 8c le pouvoir céleste,, De mes jours malheureux a ranimé le reste. "
II ne m’en dit pas plus : 8c mon cœur agitéVoyait fuir loin de lui la triste vérité ;
Et peut-être le ciel, que ce grand crime irrite ,Déroba le coupable à ma juste poursuite :
Peut-être, accomplissant ses décrets étemels ,
Afin de nous punir il nous fit criminels.
Le Sphinx bientôt après désola cette rive ;
A ses seules fureurs Thèbe fut attentive :
Et l’on ne pouvait guère , en un pareil effroi,
Venger la mort d’autrui, quand on tremblait pour foi.O E D i p E.
Madame, qu’a-t-on fait de ce sujet fidèle?
J o c A S T E.
Seigneur , on paya mal son service 8c son zèle.
Tout