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Tome premier.
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Acte premier.

Tout l’Etat en secret était son ennemi,

II était trop puissant pour n’être point haï ;

Et du peuple 8c des grands la colère insenséeBrûlait de le punir de sa saveur passée.

On l’accusa lui-même , 8c d’un commun transportThèbe entière à grands cris me demanda fa mort :

Et moi, de tous côtés redoutant l'injustice,

Je tremblai d’ordonner fa grâce ou son supplice.

Dans un château voisin conduit secrètement,

Je dérobai sa tête à leur emportement.

Là, depuis quatre hivers, ce vieillard vénérable,

De la faveur des rois exemple déplorable ,

/ Sans se plaindre de moi ni du peuple irrité,

De sa seule innocence attend sa liberté.

O E D I P E.

( à sa fuite. )

Madame, c’est assez. Courez, que l'on s’empresse:

Qu’on ouvre sa prison, qu’il vienne, qu’il paraisse.

Moi-même devant vous je veux l’interroger.

J’ai tout mon peuple ensemble 8c Laïus à venger.

II faut tout écouter, il faut, d’un œil sévère ,

Sonder la profondeur de ce triste mystère.

Et vous, Dieux des Thébains, Dieux qui nous exaucez,Punissez l’assassin, vous qui le connaissez.

Soleil, cache à ses yeux le jour qui nous éclaire :

Qu’en horreur à ses fils , exécrable à fa mère,

Errant, abandonné , proscrit dans l’univers,

II rassemble fur lui tous les maux des enfers ;

Et que son corps sanglant, privé de sépulture ,

Des vautours dévorans devienne la pâture !

Théâtre. Tom. I.

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