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Tome premier.
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O E D I P E.

On ne se cache point ces secrets mouvemensDe la nature en nous indomptables enfans :

Dans les replis de l’ame ils viennent nous surprendre :Ces feux qu'on croit éteints renaissent de leur cendre :Et la vertu sévère, en de si durs combats,

Résiste aux passons 8: ne les détruit pas.

E G I N E.

Votre douleur est juste autant que vertueuse,

Et de tels sentimens. . . .

J O C A S T E.

Oue je fuis malheureuse !

Tu connais, chère Egine, 8c mon cœur 8c mes maux,J’ai deux fois de l’hymen allumé les flambeaux ;

Deux fois de mon destin subissant l’injustice,

J’ai changé d’esclavage , ou plutôt de supplice :

Et le seul des mortels dont mon cœur fut touché ,

A mes vœux pour jamais devait être arraché.Pardonnez-moi, grands Dieux , ce souvenir funeste ;D'un feu que j’ai dompté c'est le malheureux reste.Egine , tu nous vis l’un de l’autre charmés,

Tu vis nos nœuds rompus auffitôt que formés ;

Mon souverain m’aima, m’obtint malgré moi-même ;Mon front chargé d’ennuis fut ceint du diadème ;

II fallut oublier dans ses embrassemens

Et mes premiers amours. 8c mes premiers sermens.

Tu fais qu’à mon devoir toute entière attachée ,J’étoussai de mes sens la révolte cachée :

Que déguisant mon trouble 8c dévorant mes pleurs ,

Je n’osais à moi-même avouer mes douleurs.

Egine.

Comment donc póuvie»-vous du joug de l’hyménéeUne seconde fois tenter la destinée?