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Et qui sur mon esprit répandant son poison ,
De son charme fatal a séduit ma raison.
Je sentais pour Oedipe une amitié sévère ,
Oedipe est vertueux , sa vertu m'était chère;
Mon cœur avec plaisir le voyait élevéAu trône des Thébains qu’il avait conservé.Cependant sur ses pas aux autels entraînée,
Egine, je sentis dans mon ame étonnéeDes transports inconnus que je ne conçus pas ;
Avec horreur enfin je me vis dans ses bras.
Cet hymen fut conclu fous un affreux augure :
Egine, je voyais dans une nuit obscure ,
Près d’Oedipe 8c de moi, je voyais des enfersLes gouffres éternels à mes pieds entr’ouverts ;
De mon premier époux sombre pâle 8c sanglanteDans cet abyme affreux paraissait menaçante :
II me montrait mon fils, ce fils qui dans mon flancAvait été formé de son malheureux sang;
Ce fils dont ma pieuse. 8c barbare injusticeAvait fait à nos dieux un secret sacrifice :
De les suivre tous deux ils semblaient m’ordonner :Tous deux dans le Tartare ils semblaient m’entraînerDe sentimens confus mon ame possédée ,
Se présentait toujours cette effroyable idée ;
Et Philoctete encor trop présent dans mon cœur,
De ce trouble fatal augmentait la terreur.
Egine.
J’entends du bruit, on vient, je le vois qui s’avance.J O C A S T E.
C’est lui-même : je tremble : évitons fa présence.
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