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Tome premier.
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I 1 8 O E D I P E.

On vous a soupçonné, le peuple a dû le faire.

Moi qui ne juge point ainsi que le vulgaire,

Je voudrais que perçant un nuage odieux,

Déjà votre innocence éclatât à leurs yeux.

Mon esprit incertain, que rien n’a pu résoudre,

N’ose vous condamner, mais ne peut vous absoudre.C’est au ciel, que j’implore, à me déterminer.

Ce ciel enfin s’appaise, il veut nous pardonner,

Et bientôt, retirant la main qui nous opprime,

Par la voix du Grand-Prêtre il nomme la victime ;

Et je laisse à nos dieux plus éclairés que nous,

Le foin de décider entre mon peuple 8c vous.

Philoctete.

Votre équité , Seigneur, est inflexible 8c pure ; (0Mais l'extrême justice est une extrême injure :

II n’en faut pas toujours écouter la rigueur.

Des lois que nous suivons la première est l’honneur.

Je me fuis vu réduit à l’affront de répondreA de vils délateurs que j’ai trop su confondre.

Ah ! sans vous abaisser à cet indigne foin,

Seigneur, il suffisait de moi seul pour témoin :

C’était, c’était assez d’examiner ma vie ,

Hercule appui des dieux, 8c vainqueur de T Asie,

Les monstres, les tyrans qu'il m'apprit à dompter,

Ce sont-là les témoins qu’il me faut confronter.

De vos dieux cependant interrogez l’organe :

Nous apprendrons de lui si leur voix me condamne.

Je n’ai pas besoin d'eux, 8c j’attends leur arrêtPar pitié pour ce peuple , 8c non par intérêt.