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On vous a soupçonné, le peuple a dû le faire.
Moi qui ne juge point ainsi que le vulgaire,
Je voudrais que perçant un nuage odieux,
Déjà votre innocence éclatât à leurs yeux.
Mon esprit incertain, que rien n’a pu résoudre,
N’ose vous condamner, mais ne peut vous absoudre.C’est au ciel, que j’implore, à me déterminer.
Ce ciel enfin s’appaise, il veut nous pardonner,
Et bientôt, retirant la main qui nous opprime,
Par la voix du Grand-Prêtre il nomme la victime ;
Et je laisse à nos dieux plus éclairés que nous,
Le foin de décider entre mon peuple 8c vous.
Philoctete.
Votre équité , Seigneur, est inflexible 8c pure ; (0Mais l'extrême justice est une extrême injure :
II n’en faut pas toujours écouter la rigueur.
Des lois que nous suivons la première est l’honneur.
Je me fuis vu réduit à l’affront de répondreA de vils délateurs que j’ai trop su confondre.
Ah ! sans vous abaisser à cet indigne foin,
Seigneur, il suffisait de moi seul pour témoin :
C’était, c’était assez d’examiner ma vie ,
Hercule appui des dieux, 8c vainqueur de T Asie,
Les monstres, les tyrans qu'il m'apprit à dompter,
Ce sont-là les témoins qu’il me faut confronter.
De vos dieux cependant interrogez l’organe :
Nous apprendrons de lui si leur voix me condamne.
Je n’ai pas besoin d'eux, 8c j’attends leur arrêtPar pitié pour ce peuple , 8c non par intérêt.