Acte troisième.
i i
Si d’une si parfaite 8c si tendre amitiéVous conservez encor un reste de pitié,
Enfin s’il vous souvient , que , promis l’un à l’autre,Autrefois mon bonheur a dépendu du vôtre ;
Daignez sauver des jours de gloire environnés ,
Des jours à qui les miens ont été destinés.
Philoctete.
Je vous les consacrai : je veux que leur carrièreDe vous , de vos vertus , soit digne toute entière.
J’ai vécu loin de vous, mais mon fort est trop beauSi j’emporte en mourant votre estime au tombeau.
Qui fait même , qui fait, si d’un regard propiceLe ciel ne verra point ce sanglant sacrifice ?
Oui sait si sa clémence , au sein de vos états ,
Pour m’immoler à vous, n’a point conduit mes pas ?Peut-être il me devait cette grâce infinie ,
De conserver vos jours aux dépens de ma vie :
Peut-être d’un sang pur il peut se contenter,
Et le mien vaut du moins qu’il daigne l’accepter.
SCENE III.
OEDIPE, J OC AS TE, PHILOCTETE, EGINEA R A S P E , Suite.
Oedipe.
r i n c e , ne craignez point l’impétueux caprice,
D’un peuple dont la voix preste votre supplice ;
J’ai calmé son tumulte, 8c même contre luiJe vous viens, s’il le faut, présenter mon appui.
H 3