I
Acte quatrième. 127
ACTE IV.
SCENE PREMIERE.
O E D I P E, J OCASTE.
O E D I P E.
JNÍo n, quoi que vous disiez , mon ame inquiétéeDe soupçons importuns n’est pas moins agitée.
Le Grand - Prêtre me gêne, 8c prêt à l'excuser ,
Je commence en secret moi-même à m’accuser.
Sur tout ce qu’il m’a dit, plein d’une horreur extrême,Je me suis en secret interrogé moi-même ,
Et mille événemens de mon ame effacésSe font offerts en foule à mes esprits glacés.
Le passé m’interdit, 8c le présent m’accable ,
Je lis dans l’avenir un fort épouvantable ,
Et le crime par tout semble suivre mes pas.
J o c a s T E.
Et quoi ! votre vertu ne vous rassure pas ?
N’êtes-vous pas enfin sûr de votre innocence ?
O E d i p E.
On est plus criminel quelquefois qu'o n ne pense.
J o c A s t E.
Ah ! d’un prêtre indiscret dédaignant les fureurs,
Cessez de l'excuser par ces lâches terreurs.
O E D I P E.
Au nom du grand Laïus 8c du courroux céleste ,
Quand Laïus entreprit ce voyage funeste ,