Fragmens
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Le jeune Philotas, avant cet hymenée,
Prétendait à mon fort unir fa destinée.
Ses charmes, ses vertus avaient touché mon cœur ;
Je l’aimais , je P avoue, 8c ma fatale ardeurFormant d’un doux hymen l’efpérance flatteuse,Artémire fans lui ne pouvait être heureuse.
Tu vois couler mes pleurs à ce seul souvenir.
Je puis à ce héros les donner fans rougir;
Je ne m’en défends point : je les dois à fa cendre.
C E p h 1 s E.
II n'est plus ?
A R T E M I R E.
II mourut de la main de Caflandre ;
Et lorsque je voulais le rejoindre au tombeau,Céphife , on m'ordonna d'épouser son bourreau.
C E p h 1 S E.
Et vous pûtes former cet hymen exécrable ?
A R T E M I R E.
J’étais jeune, 8c mon père était inexorable;
D’un refus odieux je tremblais de m’armer;
Enfin fans son aveu je rougissais d’aimer.
Que veux-tu? j’obéis. Pardonne, Ombre trop chère,Pardonne à cet hymen où me força mon père.
Hélas ! il en reçut le cruel châtiment,
Et je pleure à la fois mon père 8c mon amant.
Cependant elle doit respecter le nœud qui l’unit
à Cajfandre.
.Hélas ! c’est-là mon désespoir.
Je sais que contre lui l’amour 8c la natureExcitent dans mon cœur un éternel murmure.