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Tome premier.
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166
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Fragmens

166

Le jeune Philotas, avant cet hymenée,

Prétendait à mon fort unir fa destinée.

Ses charmes, ses vertus avaient touché mon cœur ;

Je l’aimais , je P avoue, 8c ma fatale ardeurFormant d’un doux hymen l’efpérance flatteuse,Artémire fans lui ne pouvait être heureuse.

Tu vois couler mes pleurs à ce seul souvenir.

Je puis à ce héros les donner fans rougir;

Je ne m’en défends point : je les dois à fa cendre.

C E p h 1 s E.

II n'est plus ?

A R T E M I R E.

II mourut de la main de Caflandre ;

Et lorsque je voulais le rejoindre au tombeau,Céphife , on m'ordonna d'épouser son bourreau.

C E p h 1 S E.

Et vous pûtes former cet hymen exécrable ?

A R T E M I R E.

J’étais jeune, 8c mon père était inexorable;

D’un refus odieux je tremblais de m’armer;

Enfin fans son aveu je rougissais d’aimer.

Que veux-tu? j’obéis. Pardonne, Ombre trop chère,Pardonne à cet hymen où me força mon père.

Hélas ! il en reçut le cruel châtiment,

Et je pleure à la fois mon père 8c mon amant.

Cependant elle doit respecter le nœud qui l’unit

à Cajfandre.

.Hélas ! c’est-là mon désespoir.

Je sais que contre lui l’amour 8c la natureExcitent dans mon cœur un éternel murmure.