D* A R T E M I R E. 167
Tout ce que j’adorais est tombé fous ses coups,Céphife, cependant Cassandre est mon époux.
Sa parricide main, toujours prompte à me nuire,
A souillé nos liens, 8c n’a pu les détruire.
Peut-être ai-je en secret le droit de le haïr,
Mais en le haïssant je lui dois obéir.
Céphife lui parle de fa grandeur : Vous régnez ,lui dit-elie,
Quel malheur en régnant ne peut être adouci ?
A R T e m 1 R E.
Céphife ! moi, régner ! moi, commander ici !
Tu connais mal Cassandre : il me laisse en partageSur ce trône sanglant la honte 8c l’esclavage.
Son favori Passante est ici le seul roi ;
C’est un second tyran qui m'impose la loi.
Que dis-je ? tous ces rois, courtisans de Passante,Flattant indignement son audace insolente,
Auprès de mon époux implorent son appui,
Et leurs fronts couronnés s’abaissent devant lui.
Pallante arrive 8c fait retirer Céphife; il présenteà la reine une lettre de Cassandre. Cette lettre estadressée à Pallante. Artémire lit :
" De tout ce que j’ai fait ma voix doit vous instruire:.j>Je reviens triomphant au sein de mon pays;
?» Et voulant me venger de tous mes ennemis,j) J’attends de votre main la tête d’Artémire. >>
Ainû donc mon destin se consomme aujourd’hui fJe 11’attendais pas moins d’un époux tel que IuLPallante, c’est à vous qu’il demande ma tête;
Vous êtes maître ici, votre victime est prête.
L 4