d’A r t e m i r e. 16g
Pallante.
Mais , Madame , songez. ...
A R T E M I R E.
Non, laissez-moi, Pallante.Je ne suis point à plaindre, 8: je meurs innocente :Artémire à vos coups ne veut point échapper.J’accepte votre main, mais c’est pour me frapper.
( elle sort. )
Pallante est furieux de ne pouvoir recueillir lefruit des soupçons jaloux qu’il a semés dans le cœurde Cajsandre. Cependant il ne désespère pas de vaincrela résistance de la reine ; il s’enhardit dans le projetd’aífaffiner le roi :
Son trône , ses trésors en seront le salaire ;
Le crime est approuvé quand il est nécessaire.
II a besoin d’un complice ; il croît ne pouvoirmieuxchoisir que Menas son parent Sc son ami, qu’ilvolt paraître. II lui demande s’il se sent assez decourage pour tenter une grande entreprise. Menasrépond que douter de son zèle Sc de son amitié, c’estlui faire la plus grave injure. Pallante alors lui confiel’amour dont il brûle pour la reine. Menas n’en estpoint étonné ; mais il représente à Pallante que lavertu de Artémire est égale à sa beauté. Pallante neregarde la vertu des femmes que comme une adroitehypocrisie :
Voilà quelle est souvent la vertu d’une femme:L’honneur peint dans ses yeux semble être dans son ame ;