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168 Fragmens
Pallante, depuis long-temps amoureux de lareine , veut l’engager à se soustraire à la mort ens'uniísant à lui. II lui propose de l’affranchir de latyrannie de Caffandre en assassinant le tyran , & des’emparer du trône. Artémire lui répond :
Vous me connaissez mal, 8c mon ame est surpriseBien moins de mon trépas que de votre entreprise.Permettez qu’Artémire en ces derniers mohiensVous découvre son cœur 8c ses vrais sentimens.
Si mes yeux occupés à pleurer ma misère ,
Ne voyaient dans le roi que l'assassin d’un père ,
Si j’écoutais son crime, 8c mon cœur irrité,
Caffandre périrait : il l’a trop mérité.
Mais il est mon époux quoiqu’indigne de l’être ;
Le ciel qui me poursuit me P a donné pour maître :Je connais mon devoir 8c fais ce que je doiAux nœuds infortunés qui Punissent à moi.
Qu’à son gré dans mon sang il éteigne sa rage ;
Des dieux, par lui bravés, il est pour moi P image ;Je n’accepterai point le bras que vous m’offrez :
II peut trancher mes jours, les siens me font sacrés ;Et j’aime mieux, Seigneur, dans mon fort déplorable,Mourir par ses forfaits que de vivre coupable.
■ Pallante.
II faut fans balancer m’épouser ou périr :
Je ne puis rien de plus : c’est à vous à choisir.
Artemire.
Mon choix est fait ; suivez ce que le roi vous mande ;II ordonne ma mort, 8c je vous la demande.
Elle finit, Seigneur, un éternel ennui,
Et c’est Punique bien que j’ai reçu de lui.