d’ A R T E M I R E.
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O mort ! avec plaisir je passe dans tes bras. .. .Céphise , soutiens-moi : grands Dieux, c’est Philotas !
Philotas adresse des reproches à Artémire fur cequ’elle lui a manqué de foi en passant dans les brasde Cajfandre , & lui rappelle f amour dont ils ontbrûlé l’un pour l’autre. Artémire lui répond :
Vous pouvez étaler aux yeux d’une infidelleLa haine 8c le mépris que vous avez pour elle.Accablez-moi des noms réservés aux ingrats ,
Je les ai mérités, je ne m’en plaindrai pas.
Si pourtant Philotas, à travers fa colère,
Daignait se souvenir combien je lui fus chère,Quoiqu’indigne du jour & de tant d’amitié ,
J'ose espérer encore un reste de pitié.
N’outragez point une ame assez infortunée :
Le sort qui vous poursuit ne m’a point épargnée ;
II me haïssait trop pour me donner à vous,
Je ne m’excuse point: je sais mon injustice.
Dans mon crime, Seigneur, j’ai trouvé mon supplice.Ne me reprochez plus votre amour outragé ;Plaignez-moi bien plutôt, vous êtes trop vengé.
Je ne vous dirai point que mon devoir austèreAttachait mes destins aux ordres de mon père;
A cet ordre inhumain j’ai dû désobéir:
Seigneur, le ciel est juste; il a su m’en punir.Quittez ces lieux, fuyez loin d’une criminelle.
Philotas lui répète combien Cajfandre , un lâcheassassin , était indigne d’elle.