17 2 Fragmens
Non : c’est trop de tourmens, de trouble 8c de remords ;Emportons , s'il se peut, ma vertu chez les morts,Tandis que fur mon cœur, qu’un tendre amour déchire,Ma timide raison garde encor quelqu empire.
C E p H i s E.
Vous vous perdez vous feule, 8c tout veut vous servir.A R T E M I R E.
Je connais ma faiblesse 8c je dois m’en punir.
C E p h i s E.
Madame, pensez-vous qu’il vous chérisse encore ?
Artemi re.
II doit me détester, Céphise, 8c je l’adore.
Son retour, son nom seul, ce nom cher à mon cœur,D’un feu trop mal éteint a ranimé l'ardeur.
Ma mort qu'en même temps Pallante a prononcée ,N’a pas du moindre trouble occupé ma pensée ;
Je n’y songeais pas même : 8c mon ame en ce jourN’a de tous ses malheurs senti que son amour.
A quelle honte, ô Dieux ! m’avez-vous fait descendre !Ingrate à Philotas, infidelle à Cassandre,
Mon cœur empoisonné d’un amour dangereuxFut toujours criminel, Sc toujours malheureux.
Que leurs ressentimens, que leurs haines s’unissent ;Tous deux font offensés, que tous deux me punissent;Qu’ils viennent se baigner dans mon sang odieux.
C E P h i S E.
Madame, un étranger s’avance dans ces lieux.
A r T E M i r E.
Si c’est un assassin que Pallante m’envoie,
Céphise, il peut entrer; je l’attends avec joie.