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Tome premier.
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Fragment

Cassandre.

ï 8 c»

Non, je n’écoute point vos lâches impostures ;

Cessez : Rempruntez point le secours des parjures.C’est bien assez pour moi de tous vos attentats;

Par de nouveaux forfaits ne les défendez pas.

Aussi bien c’en est fait, votre perte est certaine;Toute plainte est frivole , Sc toute excuse est vaine.

Artemjre.

Hélas ! voilà mon cœur, il ne craint point vos coups ;Faites couler mon sang , barbare, il est à vous.

Mais l’hymen dont le nœud nous unit l’un à l'autre,Tout malheureux qu’il est , joint mon honneur au vôtre;Pourquoi d’un tel affront voulez-vous vous couvrir?Laissez-moi chez les morts descendre sans rougir.Croyez que pour Ménas une flamme adultère....

Cassandre.

Si Ménas m’a trahi , Ménas a dû vous plaire.

Votre cœur m’est connu mieux que vous ne pensez :Ce n’est pas d’aujourd’hui que vous me haïssez.

A R T E M I R E.

Eh bien ! connaissez donc mon ame toute entière:Ne cherchez point ailleurs une triste lumière,

De tous mes attentats je vais vous informer.

Oui, Cassandre , il est vrai, je n’ai pu vous aimer ;Je vous le dis fans feinte, 8c cet aveu sincèreDoit peu vous étonner, 8c doit peu vous déplaire.

Et quel droit en effet aviez-vous fur un cœurQui ne voyait en vous que son persécuteur ?

Vous qui de tous les miens ennemi sanguinaire ,Avez jusqu’en mes bras assassiné mon père ;