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Tome premier.
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d’Artemire.

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Vous que je n’ai jamais abordé fans effroi ;

Vous dont j’ai vu le bras toujours levé fur moi;

Vous, tyran soupçonneux, dont l’affreuse injusticeM’a conduite au trépas de supplice en supplice.

Je n’ai jamais de vous reçu d’autres bienfaits,

Vous le savez, Caffandre, apprenez mes forfaits.

Avant qu’un nœud fatal à vos lois m’eût soumise ,

Pour un autre que vous mon ame étoit éprise.

J’étouffai dans vos bras un amour trop puissant ;

Je le combats encore, 8c même en ce moment :

Ne vous en flattez point, ce n’est pas pour vous plaire.Vous êtes mon époux, votre gloire m’est chère ,

Mon devoir me suffit, 8c ce cœur innocentVous a gardé sa foi, même en vous haïssant.

J’ai fait plus : ce matin, à la mort condamnée,

J’ai pu briser les nœuds d’un funeste hyménée ;

Je tenais dans mes mains l’empiré 8c votre fort ;

Si j’avais dit un mot, on vous donnait la mort.

Vos peuples indignés allaient me reconnaître ,

Tout m’en sollicitait ; je l’aurais dû peut-être ;

Du moins, par votre exemple instruite aux attentats,

J’ai pu rompre des lois que vous ne gardez pas :

J’ai voulu cependant respecter votre vie.

Je n’ai considéré ni votre barbarieNi mes périls présens ni mes périls passés ,

J’ai sauvé mon époux ; vous vivez , c’est assez..

Le temps qui perce enfin la nuit la plus obscurePeut-être éclaircira cette horrible aventure ;

Et vos yeux recevant une triste clartéVerront trop tard un jour luire la vérité.

Vous connaîtrez alors tous les maux que vous faites,

Et vous en frémirez, tout tyran que vous êtes.

M