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Je pardonne à Caflandre une erreur excusable ;
Nourri dans les forfaits , il m’en a cru capable ;
II m’avait offensée , il devait me haïr ;
II me cherchait un crime ahn de m’en punir.
Mais vous, qui, près de moi soupirant dans l’Epire,
Avez lu tant de fois dans le cœur d’Artémire ;
Vous, de qui la vertu mérita tous mes foins ;
Vous, qui m’aimiez , hélas ! qui le disiez du moins ;
C’est vous qui, redoublant ma honte 8c mon injure,Du monstre qui m’accufe écoutez s imposture ?
Barbare ! vos soupçons manquaient à mon malheur.
Ah ! lorsque de Ballante éprouvant la fureur ,Combattant malgré moi ma flamme 8c vos alarmes,Mon cœur désespéré résistait à vos larmes,
Et trop faible, en effet, contre un charme si doux,Cherchait dans le trépas des armes contre vous ;
Hélas ! qui m’aurait dit que dans cette journéeMa vertu par vous-même eût été soupçonnée ?
J’ai cru mieux vous connaître, 8: n’ai pas dû penserOu’entre Ballante 8c moi vous puisiez balancer.Bardonnez-moi, grands Dieux , qui m’avez condamnée!De l’univers entier je meurs abandonnée ;
Ma mort, dans le tombeau cachant la vérité ,
Fera palier ma honte à la postérité.
Toutefois , dans l’horreur d’un si cruel supplice ,
Si du moins Bhilotas m’avait rendu justice ,
S’il pouvait m’estimer 8c me plaindre en secretJe sens que je mourrais avec moins de regret.
Philotas convaincu de l’innocencc de la reine veuts’armer pour la défendre.