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Tome premier.
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185
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d’Artemire.

A R T E M I R E.

Non, demeurez , Seigneur.

J’aime mieux vos regrets qu’une audace inutile ;Innocente à vos yeux je périrai tranquille ;

Et le fort qui m’attend pourra me sembler doux ,

Puisqu’il me punira de n'être point à vous.

Adieu, le temps approche où l’on veut que j'expire ;Adieu ; n’oubliez point l’innocente Artémire.

Que son nom vous soit cher , elle l’a mérité ;

A son honneur flétri rendez la pureté ;

Et que malgré l'horreur d’une tache si noire ,

Vos larmes quelquefois honorent fa mémoire.

Philotas fort. Artémire reste feule. On vient lachercher pour la conduire à la mort ; mais les amisde Philotas l’arrachent des mains de ses gardes. Elleapprend que Philotas a soulevé le peuple, qu’il combatcontre Cajfandrt.

Artemire.

Dieux, dont la main sur moi sans cesse appésantieMe promène à son gré de la mort à la vie ,

Dieux puiflans, fur moi feule étendez votre bras !

Rendez-moi mon supplice 8c sauvez Philotas;

Eteignez dans mon sang une ardeur insidelle :

Plus son péril est grand , plus je fuis criminelle.Viens, CaíTandre, il est temps : viens, frappe, venge-toi :Je te pardonne tout, 8c n’immole que moi.

Philotas lui apprend que Pallante est tué, 8c qu’ila fait en expirant l’aveu de la trame odieuse qu’ilavait tiífue pour se venger des mépris de la reine,