PREFACE
de la première édition.
Je ne donne cette édition qu’en tremblant. Tantd’ouvrages , que j’ai vus applaudis au théâtre8c méprisés à la lecture, me font craindre pour lemien le même fort. Une ou deux situations, Fartdes acteurs, la docilité que j’ai fait paraître, ontpu m’attirer des suffrages aux représentations ;mais il faut un autre mérite pour soutenir legrand jour de Fimpreísion. C’est peu d uneconduite régulière ; ce serait peu même d'inté-reffer. Tout ouvrage en vers, quelque beau qu ilsoit d’ailleurs , fera nécessairement ennuyeux,si tous lés vers ne font pas pleins de force 8cd’harmonie , si l’on n’y trouve pas une élégancecontinue, si la pièce n’a point ce charme inex-primable de la poésie que le génie seul peutdonner, où l’efprit ne saurait jamais atteindre,8c fur lequel on raisonne si mal 8c si inutilementdepuis la mort de M. Despréaux.
C’est une erreur bien grossière de s’imaginer,que les vers soient la dernière partie d’une piècede théâtre, 8c cesse qui doit le moins coûter.M. Racine , c’est-à-dire, l’homme de la terre qui,après Virgile , a le mieux connu Fart des vers,ne pensait pas ainsi. Deux années entières lui