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PREFACE.
suffirent à peine pour écrire sa Phèdre. Pradonse vante d’avoir composé la sienne en moins detrois mois. Comme le succès passager des repré-sentations d’une tragédie ne dépend point dustyle , mais des acteurs 8c des situations ; il arrivaque les deux Phèdres semblèrent d’abord avoirune égale destinée ; mais l’impression réglabientôt le rang de l une 8c de l'autre.' Pradon ,selon la coutume des mauvais auteurs, eut beaufaire une préface insolente , dans laquelle iltraitait ses critiques de malhonnêtes gens ; ' fapièce , tant vantée par íà cabale k par lui ,tomba dans le mépris quelle mérite ; Sc fans laPhèdre de M. Racine , on ignorerait aujourd’huique Pradon en a composé une.
Mais d’où vient enfin cette distance si prodi-gieuse entre ces deux ouvrages ? La conduite enest à-peu-près la même. Phèdre est mourante dansl une Sc dans l’autre. Thésée est absent dans lespremiers actes : il passe pour avoir été aux enfersavec Pyrithous. Hippolite , son fils, veut quitterTrézène ; il veut fuir Aride , qu’il aime. II déclarefa passion à Aride , 8c reçoit avec horreur cellede Phèdre : il meurt du même genre de mort,8c son gouverneur fait le récit de sa mort. II y aplus : les personnages des deux pièces se trouvantdans les mêmes situations , disent presque lesmêmes choses ; mais c’est là qu’on distingue le