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PREFACE.
Solitaire , farouche , on me voyait toujoursChasser dans nos forêts les lions 8c les ours.
Mais un foin plus pressant m’occupe 8c m’embarrasse.Depuis que je vous vois j’abandonne la chasse ;
Elle fit autrefois mes plaisirs les plus doux ,
Et quand j’y vais, ce n’est que pour penser à vous.
On ne saurait lire ces deux pièces de compa-raison , sans admirer l’une 8c fans rire de sature.C’eíl pourtant dans toutes les deux le mêmefonds de sentiment 8c de pensées ; car, quand ils’agit de faire parler les pallions, tous les hommesont presque les mêmes idées ; mais la façon deles exprimer distingue shomme d’esprit d’aveccelui qui n’en a point, shomme de génie d’aveccelui qui n’a que de f esprit, 8c le poète d’aveccelui qui veut sêtre.
Pour parvenir à écrire comme M. Racine , ilfaudrait avoir son génie , 8c polir autant que luises ouvrages. Quelle défiance ne dois-je donc pointavoir, moi qui né avec des talens si faibles, 8caccablé par des maladies continuelles , n’ai ni ledon de bien imaginer, ni la liberté de corriger parun travail affidu les défauts de mes ouvrages ?Je sens avec déplaisir toutes les fautes qui fontdans la contexture de cette pièce , auísi - bienque dans la diction. J’en aurais corrigé quelques-unes , si pavais pu retarder cette édition ; maisj’en aurais encore laissé beaucoup. Dans tous
les