FRAGMENT.
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Mariamnc 8c & Hérode , 8c je ne songeai qu’à les peindrefidellementd’après le portrait que chacun s’en est faitdans son imagination.
Ainsi Hérode parut dans cette pièce cruel 8c poli-tique ; tyran de ses sujets, de fa famille, de fa femme ;plein d’amour pour Marianne, mais plein d'un amourbarbare qui ne lui inspirait pas le moindre repentirde ses fureurs. Je ne donnai à Mariamne d’autressentimens qu’un orgueil imprudent, 8c qu’une haineinflexible pour son mari. Et enfin , dans la vue de meconformer aux opinions reçues , je ménageai uneentrevue entre Hérode 8c Varus , dans laquelle je fisparler ce préteur avec la hauteur qu on s’imagineque les Romains affectaient avec les rois.
Qu’arriva -1 - il de tout cet arrangement ? Mariamneintraitable n’intérefia point : Hérode n’étant que cri-minel , révolta : 8c son entretien avec Varus le renditméprisable. J'étais à la première représentation : jem’apperçus dès le moment où Hérode parut, qu’ilétait impossible que la pièce eût du succès ; Sc jecompris que je m’étais égaré en marchant troptimidement dans la route ordinaire.
Je sentis qu’il est des occasions où la premièrerègle est de s’écarter des règles prescrites ; 8c que(comme le dit M. Pascal fur un sujet plus sérieux)les vérités se succèdent du pour au contre à mesurequ’on a plus de lumières.
II est vrai qu'il faut peindre les héros tels qu’ilsont été ; mais il est encore plus vrai qu’il faut adoucirles caractères désagréables ; qu’il faut songer aupublic pour qui l’on écrit , encore plus qu’auxhéros que l’on fait paraître ; 8c qu'on doit imiter