M A R I A M N E.
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La Judée aime encore avec idolâtrieLe sang de ces héros dont elle tient la vie ;
Sa beauté , fa naissance, 8c surtout ses malheurs,
D’un peuple qui nous hait ont séduit tous les cœurs:Et leurs vœux indiscrets la nommant souveraine,Semblaient vous annoncer une chute certaine.
J’ai vu par ces faux bruits tout un peuple ébranlé :Mais j’ai parlé , Madame , 8c ce peuple a tremblé.
Je leur ai peint Hérode avec plus de puissance,Rentrant dans ses états suivi de la vengeance;
Son nom seul a par-tout répandu la terreur;
Et les Juifs en silence ont pleuré leur erreur,
Salomé.
Mazael, il est vrai qu’Hé rode va paraître;
Et ces peuples 8c moi, nous aurons tous un maître.Ce pouvoir , dont à peine on me voyait jouir,
N’est qu’une ombre qui passe Sc va s’évanouir.
Mon frère m’était cher, 8c son bonheur m’opprime;Mariamne triomphe 8c je suis fa victime,
Mazael,
Ne craignez point un frère.
Salomé.
■ - Eh ! que deviendrons-nous,
Ouand la Reine à ses pieds reverra son époux?
De mon autorité cette fière rivale ,
Auprès d’un roi séduit nous fut toujours fatale tSon esprit orgueilleux, qui n’a jamais plié,
Conserve encor pour nous la même inimitié.
Elle nous outragea, je l’ai trop offensée;
A notre abaissement elle est intéressée.