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Tome premier.
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205
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Acte premier. 205

Eh! ne craignez-vous plus ces charmes tout-puiíTans,Du malheureux Hérode impérieux tyrans ?

Depuis près de cinq ans qu’un fatal hyménéeD’Hérode & de la reine unit la destinée ,

E'amour prodigieux dont ce prince est éprisSe nourrit par la haine 8c croît par le mépris.

Vdus avez vu cent fois ce monarque inflexibleDéposer à ses pieds fa majesté terrible ,

Et chercher dans ses yeux irrités ou distraitsOuelques regards plus doux qu’il ne trouvait jamais.Vous Pavez vu frémir, soupirer 8c se plaindre;

La flatter, l’irriter, la menacer, la craindre;

Cruel dans son amour, soumis dans ses fureurs ;Esclave en son palais, héros par-tout ailleurs.

Que dis-je ! en punissant une ingrate famille,

Fumant du sang du père , il adorait la fille :

Le fer encor sanglant, 8c que vous excitiez ,

Etait levé fur elle 8c tombait à ses pieds.

M A Z A E L.

Mais songez que dans Rome , éloigné de fa vue,

Sa chaîne de fi loin semble s’être rompue.

Salomé.

Croyez-moi, son retour en resserre les nœuds,

Et ses trompeurs appas sont toujours dangereux.

M A z A E L.

Oui, mais cette ame altière à soi-même inhumaine,Toujours de son époux a recherché la haine :

Elle P irritera par de nouveaux dédains,

Et vous rendra les traits qui tombent de vos mains.La paix n’habite point entre deux caractèresOue le ciel a formés l’un à l’autre contraires.