Acte premier.
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Mais je ne puis souffrir (je le dis hautement )L’alliance d’un roi dont je fuis mécontent.
D’ailleurs vous connaissez cette cour orageuse ;
Sa famille avec lui fut toujours malheureuse ;
De tout ce qui l'approche il craint des trahisons :
Son cœur de toutes parts est ouvert aux soupçons.
Au frère de la reine il en coûta la vie;
De plus d’un attentat cette mort fut suivie.
Mariamne a vécu, dans ce triste séjour,
Entre la barbarie oc les transports d’amour ;Tantôt fous le couteau, tantôt idolâtrée,
Toujours baignant de pleurs une couche abhorrée ;Craignant 8c son époux , 8c de vils délateurs.
De leur malheureux roi lâches adulateurs.
Salomé.
Vous parlez beaucoup d’elle !
S o H E M E.
Ignorez-vous, Princesse,
Que son sang est le mien, que son sort m’intéresse?Salomé.
Je ne l’ignore pas.
S o H E M E.
Apprenez encor plus :
J’ai craint long-temps pour elle, 8c je ne tremble plus.Hérode chérira le sang qui la fit naître,
Il l’a promis, du moins, à l’empereurson maître.
Pour moi, loin d’une cour, objet de mon courroux.J’abandonne Solime , 8c votre frère 8c vous ;
Je pars. Ne pensez pas qu’une nouvelle chaîneMe dérobe à la vôtre 8c loin de vous m’entraîneThéâtre, Tom. I. O