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M A R 1 A M N E.
Jc renonce à la fois à ce prince , à fa cour,
A tout engagement , 8c surtout à l’amour.
Epargnez le reproche à mon esprit sincère :
Quand je ne m’en fais point, nul n’a droit de m’en faire.
Salomé.
Non , n’attendez de moi ni courroux ni dépit ;
J’en savais beaucoup plus que vous n'en avez dit.Cette cour, il est vrai, Seigneur, a vu des crimes;
II en est quelquefois où des cœurs magnanimesPar le malheur des temps fe laissent emporter;
Que la vertu répare , 8c qu'il faut respecter.
II en est de plus bas , 8c de qui la faiblesseSe pare arrogamment du nom de la sagesse.
Vous m’entendez peut-être ? En vain vous déguisezPour qui je fuis trahie , 8c qui vous séduisez ;Votre fausse vertu ne m’a jamais trompée.
De votre changement mon ame est peu frappée;
Mais si de ce palais , qui vous semble odieux,
Les orages passés ont indigné vos yeux;
Craignez d'en exciter qui vous suivraient, peut-être,Jusqu’aux faibles Etats dont vous êtes le maître.
( elle sort. )