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M A R I A M N E.
Puiíïiez-vous écouter, dans cette affreuse cour,
Votre noble pitié plutôt que votre amour!
S o H E M E.
Ah ! faut - il donc l’aimer pour prendre sa défense?
Oui n’aurait comme moi chéri son innocence ?
Quel cœur indifférent n’irait à son secours ?
Et qui pour la sauver n eût prodigué ses jours?
Ami , mon cœur est pur , 8c tu connais mon zèle ;Je n’habitais ces lieux que pour veiller fur elle.
Quand Hérode partit incertain de son sort,
Quand il chercha dans Rome ou le sceptre ou la mort ;Plein de sa passion forcenée 8c jalouse ,
II tremblait qu’après lui fa malheureuse épouse,
Du trône descendue, esclave des Romains,
Ne fût abandonnée à de moins dignes mains.
II voulut qu une tombe , à tous deux préparée,Enfermât avec lui cette épouse adorée.
Phérore fut chargé du ministère affreuxD’immoler cet objet de ses horribles feux.
Phérore m instruisit de ces ordres coupables :
J’aì veillé fur des jours fi chers, si déplorables :
Toujours armé, toujours prompt à la protéger,
Et surtout à ses yeux dérobant son danger.
J’ai voulu la servir sans lui causer d 1 alarmes,
Ses malheurs me touchaient encor plus que ses charmes.L’amour ne règne point fur mon cœur agité;
II ne m’a point vaincu, c'est moi qui F ai dompté:
Et plein du noble feu que fa vertu m’inspire,
J’ai voulu la venger, 8c non pas la séduire.
Enfin l’heureux Hérode a fléchi les Romains ;
Le sceptre de Judée est remis en ses mains :