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Tome premier.
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M A R I A M N E.

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Où la prudence échoue , où Fart nuit à soi-même ;

Et je sens ce pouvoir invincible 8c suprême,

Oui se joue à son gré, dans nos climats voisins,

De leurs sables mouvans comme de nos destins.

M A z A E L.

Obéissez au roi, cédez à la tempête ;

Sous ses coups passagers il faut courber la tête.

Le temps peut tout changer.

Salomé.

Trop vains soulagemens !Malheureux qui n 1 attend son bonheur que du temps !Sur F avenir trompeur tu veux que je m’appuie ,

Et tu vois cependant les affronts que j’essuie !

M A z a E L.

Sohême part au moins; votre juste courrouxNe craint plus Mariamne, 8e n’en est plus jaloux.Salomé.

Sa conduite, il est vrai, paraît inconcevable ;

Mais m’en trahit-il moins? en est-il moins coupable ?Suis-je moins outragée ? ai-je moins d’ennemis,

Et d’envieux secrets, 8c de lâches amis ?

II faut que je combatte 8c ma chute prochaine ,

Et cet affront secret , 8c la publique haine.

Déjà , de Mariamne adorant la saveur ,

Le peuple à ma disgrâce insulte avec fureur.

Je verrai tout plier sous fa grandeur nouvelle ,

Et mes faibles honneurs éclipsés devant elle.

Mais c’est peu que fa gloire irrite mon dépit ;

Ma mort va signaler ma chute 8c son crédit.

Je ne me flatte point : je sais comme en fa place ,

De tous mes ennemis je confondrais F audace :