M A R I A M N E.
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Où la prudence échoue , où Fart nuit à soi-même ;
Et je sens ce pouvoir invincible 8c suprême,
Oui se joue à son gré, dans nos climats voisins,
De leurs sables mouvans comme de nos destins.
M A z A E L.
Obéissez au roi, cédez à la tempête ;
Sous ses coups passagers il faut courber la tête.
Le temps peut tout changer.
Salomé.
Trop vains soulagemens !Malheureux qui n 1 attend son bonheur que du temps !Sur F avenir trompeur tu veux que je m’appuie ,
Et tu vois cependant les affronts que j’essuie !
M A z a E L.
Sohême part au moins; votre juste courrouxNe craint plus Mariamne, 8e n’en est plus jaloux.Salomé.
Sa conduite, il est vrai, paraît inconcevable ;
Mais m’en trahit-il moins? en est-il moins coupable ?Suis-je moins outragée ? ai-je moins d’ennemis,
Et d’envieux secrets, 8c de lâches amis ?
II faut que je combatte 8c ma chute prochaine ,
Et cet affront secret , 8c la publique haine.
Déjà , de Mariamne adorant la saveur ,
Le peuple à ma disgrâce insulte avec fureur.
Je verrai tout plier sous fa grandeur nouvelle ,
Et mes faibles honneurs éclipsés devant elle.
Mais c’est peu que fa gloire irrite mon dépit ;
Ma mort va signaler ma chute 8c son crédit.
Je ne me flatte point : je sais comme en fa place ,
De tous mes ennemis je confondrais F audace :