218 M a r i a m n e.
Je sais par quels complots , je fais par quels détours ,Votre haine impuissante a poursuivi mes jours.
Jugeant de moi par vous, vous me craignez peut-être :Mais vous deviez du moins apprendre à me connaître.Ne me redoutez point ; je fais égalementDédaigner votre crime 8c votre châtiment.
J’ai vu tous vos desseins , 8c je vous les pardonne ,C’est à vos seuls remords que je vous abandonne ;
Si toutefois, après de si lâches efforts ,
Un cœur comme le vôtre écoute des remords.
Salomé.
C’est porter un peu loin votre injuste colère.
Ma conduite, mes foins , 8c l’aveu de mon frère,Peut-être suffiront pour me justifier.
M A R I A M N E.
Je vous l’ai déjà dit, je veux tout oublier ;
Dans l’état où je fuis c’est assez pour ma gloire ;
Je puis vous pardonner , mais je ne puis vous croire.
M A z A E L.
J’ofe ici, grande Reine , attester l’Eternel,
Que mes foins à regret. . . .
M A R I A M N E.
Arrêtez, Mazael.
Vos excuses pour moi font un nouvel outrage.
Obéissez au roi, voilà votre partage.
A mes tyrans vendu , servez bien leur courroux;
Je ne m’abaisse pas à me plaindre de vous.
( à Salomé. )
Je ne vous retiens point, 8c vous pouvez, Madame,Aller apprendre au roi les secrets de mon ame ;