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M A R I A M N E.
Sohême va partir, nul espoir ne vous reste.
Auguste à votre époux laisse un pouvoir funeste.
Qui fait dans quels desseins il revient aujourd’hui?Tout, jusqu’à son amour , est à craindre de lui ;
Vous le voyez trop bien ; sa sombre jalousteAu-delà du tombeau portait sa frénésie ;
Cet ordre qu’il donna me fait encor trembler.
Avec vos ennemis daignez dissimuler.
La vertu fans prudence , hélas ! est dangereuse.
Mariamne.
Oui, mon ame , il est vrai, fut trop impérieuse.
Je n’ai point connu l’art , 8c j’en avais besoin.
De mon sort à Sohême abandonnons le foin ;
Qu’il vienne, je l’attends ; qu’il règle ma conduite.Mon projet est hardi, je frémis de la fuite.
Faites venir Sohême. ( Elise sort. )
S C E K E IV.
MARIAMNE, NARBA S.
Mariamne.
i t vous, mon cher Narbas,
De mes vœux incertains appaisez les combats.
Vos vertus , votre zèle 8c votre expérience,
Ont acquis dès long-temps toute ma confiance.
Mon cœur vous est connu , vous savez mes desseins,
Et les maux que j’éprouve, 8c les maux que je crains.Vous avez vu ma mère au désespoir réduite ,
Me presser en pleurant d’accompagner sa fuite.