Acte second.
22 I
Son esprit accablé d’une juste terreur,
Croît à tous les momens voir Hérode en fureur ,
Encor tout dégouttant du sang de sa famille,
Venir à ses yeux même assassiner fa fille.
Elle veut à mes fils , menacés du tombeau ,
Donner César pour père , & Rome pour berceau.
On dit que l’infortune à Rome est protégée ;
Rome est le tribunal où la terre est jugée.
Je vais me présenter aux rois des souverains.
Je fais qu'il est permis de fuir ses aflaífins ,
Oue c’est le seul parti que le destin me laifise.
Toutefois en secret, soit vertu, soit faiblesse,
Prête à fuir un époux, mon cœur frémit d’effroi,
Et mes pas chancelans s’arrêtent malgré moi.
N A h b A s.
Cet effroi généreux n’a rien que je n’admire ;
Tout injuste qu’il est, la vertu vous l’inspire.
Ce cœur indépendant des outrages du fort,
Craint sombre d’une faute, 8e ne craint point la mort.Bannissez toutefois ces alarmes secrètes :
Ouvrez les yeux, Madame, 8e voyez où vous êtes.C’est là, que répandu par les mains d’un époux,
Le sang de votre père a réjailli sur vous.
Votre frère en ces lieux a vu trancher fa vie ;
En vain de son trépas le roi se justifie ;
En vain César trompé l’en absout aujourd’hui ;
L’Orient révolté n’en accuse que lui.
Regardez, consultez les pleurs de votre mère,
L’affront fait à vos fils, le sang de votre père ,
La cruauté du roi, la haine de sa sœur,
Et (ce que je ne puis prononcer fans horreur,