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Tome premier.
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M A R I A M N E.

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A cette gloire, à vous , soigneux de m’immoler ,

Epris de vos vertus , je les fais égaler.

Je ne fuyais que vous , je veux vous fuir encore.

Je quittais pour jamais une cour que j'abhorre ;

J'y reste , s’il le faut, pour vous désabuser ,

Pour vous respecter plus , pour ne plus m’exposerAu reproche accablant que m’a fait votre bouche.

Votre intérêt. Madame, est le seul qui me touche ;

J’y sacrifìrai tout. Mes amis, mes soldats ,

Vous conduiront aux bords où s’adreífent vos pas.

J’ai dans ces murs encore un reste de puissance ;

D’un tyran soupçonneux je crains peu la vengeance-,

Et s’il me faut périr des mains de votre époux,

Je périrai du moins en combattant pour vous.

Dans mes derniers momens je vous aurai servie ,

Et j'aurai préféré votre honneur à ma vie.

M A R I A M N E.

II suffit, je vous crois : d’indignes passionsNe doivent point souiller les nobles actions.

Oui, je vous devrai tout ; mais moi je vous expose :Vous courez à la mort, 8c j’en serai la cause.Comment puis-je vous suivre? 8c comment demeurer?Je n’ai de sentiment que pour vous admirer.

S o h E m E.

Venez prendre conseil de votre mère en larmes ,

De votre fermeté plus que de ses alarmes,

Du péril qui vous presse , 8c non de mon danger.Avec votre tyran rien n’est à ménager :

II est roi, je le fais ; mais César est son juge.

Tout vous menace ici, Rome est votre refuge ;

Mais songez que Sohême , en vous offrant ses vœux,

S’il ose être sensible, en est plus vertueux ;