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Tome premier.
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Acte second. 225

Mes gardes vous suivront jusque dans ITtalie ;

Disposez d’eux, de moi, de mon cœur, de ma vie.

Fuyez le roi ; rompez vos nœuds infortunés :

II est assez puni, si vous l’abandonnez.

11 ne vous verra plus , grâce à son injustice ;

Et je sens qu’il n’est point de si cruel supplice . . .Pardonnez-moi ce mot, il m’échappe à regret ;

La douleur de vous perdre a trahi mon secret.

J’ai parlé, c’en est fait : mais malgré ma faiblesse ,

Songez que mon respect égale ma tendresse.

Sohême en vous aimant, ne veut que vous servir ,Adorer vos vertus, vous venger 8c mourir.

M A R I A M N E.

Je me flattais, Seigneur, 8c j'avais lieu de croire,Qu’avec mes intérêts, vous chérissez ma gloire.

Ouand Sohême en ces lieux a veillé fur mes jours,

J’ai cru qu'à fa pitié je devais son secours.

Je ne m’attendais pas qu’une flamme coupableDût ajouter ce comble à l’horreur qui m’accable ,

Ni que dans mes périls il me fallût jamaisRougir de vos bontés, 8c craindre vos bienfaits.

Ne pensez pas pourtant qu’un discours qui m'osseuseVous ait rien dérobé de ma reconnaissance :

Tout espoir m’est ravi, je ne vous verrai plus.

J’oublîrai votre flamme, 8c non pas vos vertus.

Je ne peux voir en vous qu’un héros magnanime ,

Qui jusqu'à ce moment mérita mon estime ;

Un plus long entretien pourrait vous en priver,

Seigneur, 8c je vous fuis pour vous la conserver.

S o H E m E.

Arrêtez, 8c sachez que je P ai méritée.

Quand votre gloire parle , elle est seule écoutée ;

Théâtre. Tem. I. P