Acte troisième. 231
Ainsi ce conquérant qui íit trembler les rois ,
Ce roi dont Rome même admira les exploits ,
De qui la renommée alarme encor F Asie ,
Dans fa propre maison voit sa gloire avilie.
Haï de son épouse , abusé par sa sœur,
Déchiré de soupçons , accablé de douleur ,j’ignore en ce moment le dessein qui l’entrame.
On le plaint, on murmure, on craint tout pour la reine.On ne peut pénétrer ses secrets sentimens ,
Et de son cœur troublé les soudains mouvemens.
II observe avec nous un silence farouche ,
Le nom de Mariamne échappe de fa bouche ,
II menace , il soupire , il donne en frémissantQuelques ordres secrets qu’il révoque à l’instant.
D’un sang qu’il détestait Mariamne est formée ;
II voulut la punir de savoir trop aimée :
Je tremble encor pour elle.
S 0 H E M E.
II suffit, Idamas.
La reine est en danger ; Ammon , suivez mes pas :Venez, c’est à moi seul de sauver l’innocence.Idamas.
Seigneur, ainsi du roi vous fuirez la présence ?
Vous de qui la vertu, le rang, l’autorité ,
Imposeraient silence à la perversité ?
S o H E m E.
Un intérêt plus grand , un autre foin m’anime ;
Et mon premier devoir est d’empêcher le crime.
( ri fort. )
Idamas.
Quels orages nouveaux ! quel trouble je prévoi !Puissant Dieu des Hébreux, changez le cœur du roi.
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