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Va la trouver ; dis-lui, que mon ame asservieMet à ses pieds mon trône, 8c ma gloire, 8c ma vieJe veux dans ses enfans choisir un successeur.
Des maux quelle a soufferts elle accuse ma sœur;
C’en est assez ; ma sœur aujourd’hui renvoyée ,
A ce cher intérêt sera sacrifiée.
Je laisse à Mariamne un pouvoir absolu.
M A Z A E L.
Quoi ! Seigneur , vous voulez.
Herode.
Oui, je l’aï résolu.
Oui, mon cœur déformais la volt, la considèreComme un présent des cieux qu il faut que je révère.Que ne peut point sur moi l’amour qui m’a vaincu !A Mariamne enfin je devrai ma vertu.
II le faut avouer , on m’a vu dans l’AsieRégner avec éclat, mais avec barbarie.
Craint, respecté du peuple , admiré , mais haï ;
J’ai des adorateurs, 8c n’ai pas un ami.
Ma sœur, que trop long-temps mon cœur a daigné croire,Ma sœur n’aima jamais ma véritable gloire.
Plus cruelle que moi dans ses sanglans projets ,
Sa main lassait couler le sang de mes sujets ,
Les accablait du poids de mon sceptre terrible ;Tandis qu’à leurs douleurs Mariamne sensible ,S’occupant de leur peine , 8c s’oubliant pour eux,Portait à son époux les pleurs des malheureux.
C’en est fait : je prétends , plus juste 8c moins sévère ,Par le bonheur public essayer de lui plaire ;
L’Etat va respirer sous un règne plus doux ;Mariamne a changé le cœur de son époux.