Acte troisième.
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Mais avez-vous pensé que Mariamne oublieCet ordre d’un époux donné contre sa vie ?
Vous qu’elle craint toujours, ne la craignez-vous plus ?Ses vœux , ses sentimens , vous font-ils inconnus ?
Oui préviendra jamais , par des avis utiles ,
De son cœur outragé les vengeances faciles ?
Ouels yeux intéressés à veiller fur vos joursPourront de ses complots démêler les détours ?
Son courroux aura-t-il quelque frein qui l’arrête ?
Et pensez-vous enfin, que lorsque votre têteSera par vos soins même exposée à ses coups ,L’amour qui vous séduit lui parlera pour vous ?
Quoi donc ! tant de mépris, cette horreur inhumaine....H e r. o 11 e.
Ah ! laissez-moi douter un moment de fa haine !Laissez-moi me flatter de regagner son cœur,
Ne me détrompez point ; respectez mon erreur.
Je veux croire, 8c je crois, que votre haine altièreEntre la reine 8c moi mettait une barrière ;
Que par vos cruautés son cœur s’est endurci ;
Et que fans vous enfin j’eusse été moins haï.
Salomé.
Si vous pouviez savoir , si vous pouviez comprendreA quel point. . .
Herode.
Non, ma sœur, je ne veux rien entendre.Mariamne à son gré peut menacer mes jours,
Ils me sont odieux ; qu’elle en tranche le cours ;
Je périrai du moins d’une main qui m’est chère.Salomé.
Ah ! c'est trop l’épargner, vous tromper 8c me taire.