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M A R I A M N E.
Herode.
Ah ! je ne le crains point.
M A Z A E L.
Seigneur, n’en doutez pas,De l’adultère au meurtre il n’est souvent qu’un pas.Herode.
Que dites-vous?
M A Z A E L.
Sohême incapable de feindre,
Fut de vos ennemis toujours le plus à craindre.
Ceux dont il s’assura le coupable secours,
Ont parlé hautement d’attenter à vos jours.
Herode.
Mariamne me hait, c’est-là son plus grand crime.
Ma sœur, vous approuvez la fureur qui m’anime ;Vous voyez mes chagrins , vous en avez pitié ;
Mon cœur n'attend plus rien que de votre amitié.Hélas , plein d’une erreur trop fatale 8c trop chère,Je vous sacrifiais au seul soin de lui plaire :
Je vous comptais déjà parmi mes ennemis ;
Je punissais fur vous fa haine 8c ses mépris.
Ah! j’atteste à vos yeux ma tendresse outragée,
Qu’avant la fin du jour vous en ferez vengée.
Je veux surtout, je veux dans ma juste fureur,
La punir du pouvoir qu'elle avait fur mon cœur.Hélas ! jamais ce cœur ne brûla que pour elle ;
J'aimai, je détestai, j’adorai l’infidelle.
Et toi, Sohême , 8c toi, ne crois pas m’échapper.Avant le coup mortel dont je dois te frapper,
Va, je te punirai dans un autre toi-même.
Tu verras cet objet qui m’abhorre 8c qui t’aime,