SUR M A R I A M N E. 27 g
Je touche à ma grandeur , 8c je crains ma disgrâce ;Demain , dès aujourd'hui , tout peut changer de face.Qui fait même , qui fait , fi , passé ce moment ,
Je pourrai satisfaire à mon ressentiment ?
Qui nous a répondu , qu’Hérode en fa colère ,
D un esprit si constant jusqu’au bout persévère ?
Je connais fa tendresse, il la faut prévenirEt ne lui point laisser le temps du repentir.
Ou’après , Rome menace 8c que Varus foudroie ;
Leur courroux passager troublera peu ma joie :
Mes plus grands ennemis ne font pas les Romains :Mariamne en ces lieux est tout ce que je crains.
11 faut que je périsse, ou que je la prévienne ;
Et si je n ai fa tête, elle obtiendra la mienne.
Mais Varus vient à nous : il le faut éviter.
Zarès à mes regards devait fe présenter ;
Je vais 1 attendre: allez , Sc qu’aux moindres alarmesMes soldats en secret puissent prendre les armes.
SCENE II.
VARUS, ALBIN, MAZAEL, Suite de Varus.
Varus.
Salomé 8c Mazaël semblent fuir devant moi;
Dans leurs yeux étonnés je lis leur juste effroi :
Le crime à mes regards doit craindre de paraître.Mazaël , demeurez. Mandez à votre maîtreQue ses cruels desseins font déjà découverts ;
Que son ministre infâme est ici dans les fers ;
Et que Varus , peut-être , au milieu des supplices ,Eût dû faire expirer ce monstre , . . 8c fes complices.Mais je respecte Hérode assez pour me flatter ,
Ou il connaîtra le piège où l’on veut l’arrêter ;
Qu un jour il punira les traîtres qui fabulent ,
Et vengera fur eux la vertu qu'ils accusent.
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