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Tome premier.
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8

Variantes

De moment en moment ses yeux se sont ouverts,

J ai levé le bandeau qui les avait couverts.

Zarès , étudiant le moment favorable,

A peint á son esprit cette reine implacable,

Son crédit , ses amis , ces juifs séditieux ,

Du sang Asmonéen partisans factieux.

J ai fait plus; j ai moi-même armé fa jalousie:

11 a craint pour fa gloire , il a craint pour fa vie.

Tu fais que dès long-temps , en butte aux trahisons ,

Son cœur de toutes parts est ouvert aux soupçons :

II croit ce qu'il redoute , 8c dans fa défiance ,

11 confond quelquefois le crime & 1 innocence.

Enfin j’ai su fixer son courroux incertain ,

11 a signé 1 arrêt , 8c j ai conduit sa main.

M A Z A E L.

II n’en faut point douter, ce coup est nécessaire :

Mais avez-vous prévu, si ce Préteur austèreQui fous les lois d Auguste a remis cet Etat,

Verrait d un œil tranquille un pareil attentat ?

Varus, vous le savez, est ici votre maître.

En vain le peuple hébreu , prompt à vous reconnaître ,Tremble encor fous le poids de ce trône ébranlé :

Votre pouvoir n est tien , si Rome n’a parlé.

Avant qu en ce palais , des mains de Varus même ,Votre frère ait repris fautorité suprême ;

II ne peut , sans blesser 1 orgueil du nom romain ,

Dans ses Etats encore agir en souverain.

Varus souffrira-t-il , que son ose à sa vueImmoler une reine en sa garde reçue PJe connais les Romains ; leur esprit irritéVengera le mépris de leur autorité.

Vous allez fur Hérode attirer la tempête,

Dans leurs superbes mains la foudre est toujours prête ;Ces vainqueurs soupçonneux sont jaloux de leuiS droits ,Et surtout leur orgueil aime à punir les rois.Salomé.

Non , non , l'heureux Hérode à César a su plaire ;Varus en est instruit , Varus le considère.

Croyez-moi , ce Romain voudra le ménager ;

Mais , quoi qu’il faste enfin , songeons à nous venger.