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Variantes
De moment en moment ses yeux se sont ouverts,
J ai levé le bandeau qui les avait couverts.
Zarès , étudiant le moment favorable,
A peint á son esprit cette reine implacable,
Son crédit , ses amis , ces juifs séditieux ,
Du sang Asmonéen partisans factieux.
J ai fait plus; j ai moi-même armé fa jalousie:
11 a craint pour fa gloire , il a craint pour fa vie.
Tu fais que dès long-temps , en butte aux trahisons ,
Son cœur de toutes parts est ouvert aux soupçons :
II croit ce qu'il redoute , 8c dans fa défiance ,
11 confond quelquefois le crime & 1 innocence.
Enfin j’ai su fixer son courroux incertain ,
11 a signé 1 arrêt , 8c j ai conduit sa main.
M A Z A E L.
II n’en faut point douter, ce coup est nécessaire :
Mais avez-vous prévu, si ce Préteur austèreQui fous les lois d Auguste a remis cet Etat,
Verrait d un œil tranquille un pareil attentat ?
Varus, vous le savez, est ici votre maître.
En vain le peuple hébreu , prompt à vous reconnaître ,Tremble encor fous le poids de ce trône ébranlé :
Votre pouvoir n est tien , si Rome n’a parlé.
Avant qu en ce palais , des mains de Varus même ,Votre frère ait repris fautorité suprême ;
II ne peut , sans blesser 1 orgueil du nom romain ,
Dans ses Etats encore agir en souverain.
Varus souffrira-t-il , que son ose à sa vueImmoler une reine en sa garde reçue PJe connais les Romains ; leur esprit irritéVengera le mépris de leur autorité.
Vous allez fur Hérode attirer la tempête,
Dans leurs superbes mains la foudre est toujours prête ;Ces vainqueurs soupçonneux sont jaloux de leuiS droits ,Et surtout leur orgueil aime à punir les rois.Salomé.
Non , non , l'heureux Hérode à César a su plaire ;Varus en est instruit , Varus le considère.
Croyez-moi , ce Romain voudra le ménager ;
Mais , quoi qu’il faste enfin , songeons à nous venger.