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Tome premier.
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281
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sur Mariamne. 281

Puifïiez - vous seulement écouter en ce jour Scc.

Albin.

Ainsi l’amour trompeur dont vous sentez la dame ,

Se déguise en vertu pour mieux vaincre votre ame ;

Et ce feu malheureux. . .

V A r u S.

Je ne m’en défends pas :

L infortuné Varus adore ses appas :

Je s aime , il est trop vrai ; mon ame toute nueNe craint point , cher Albin , de paraître à ta vue :Juge si son péril a dû troubler mon cœur ;

Moi , qui borne à jamais mes vœux à son bonheur ;

Moi , qui rechercherais la mort la plus affreuse ,

Si ma mort un moment pouvait la rendre heureuse !Albin.

Seigneur , que dans ces lieux ce grand cœur est changé !Qu'il venge bien l’amour qu’il avait outragé !

Je ne reconnais plus ce Romain , si sévère ,

Oui, parmi tant d’objets empressés à lui plaire,

N’a jamais abaissé ses superbes regardsSur ces beautés que Rome enferme en ses remparts.Varus.

Ne ten étonne point ; tu fais que mon courageA la feule vertu réserva son hommage.

Dans nos murs corrompus , ces coupables beautésOffraient de vains attraits à mes yeux révoltés ;

Je fuyais leurs complots , leurs brigues éternelles ,

Leurs amours passagers , leurs vengeances cruelles.

Je voyais leur orgueil accru du déshonneur ,

Se montrer triomphant fur leur front fans pudeur ;

L aitière ambition , 1 intérêt , 1 artifice ,

La folle vanité , le frivole caprice ,

Chez les Romains séduits prenant le nom d’amour ,Gouverner Rome entière , 8c régner tour à tour.

J abhorrais , il est vrai , leur indigne conquête ;

A leur joug odieux je dérobais ma tête :

L amour dans 1 Orient fut enfin mon vainqueur.

De la triste Syrie établi Gouverneur ,