S U R M A R I A M N E. 283
Hélas ! près du Sénat je l’ai servi moi-même !
Sans doute il a déjà reçu son diadème ;
Et cet indigne arrêt que sa bouche a dictéEst le premier estai de son autorité.
Ah ! son retour ici lui peut être funeste :
Mon pouvoir va finir, mais mon amour me reste.
Reine, pour vous défendre on me verra périr.
L’univers doit vous plaindre, Sc je dois vous servir.
ACTE II.
SCENE PREMIERE.
SALOME, MAZAEL.
S A L O M £ .
V
A J n f 1 n vous le voyez , ma haine est confondue :Mariamne triomphe, 8c Salomé est perdue.
Zarès fut fur les eaux trop long-temps arrêté ;
La mer alors tranquille à regret l'a porté.
Mais Hérode, en partant pour son nouvel Empire,
Revoie avec les vents vers I objet qui fattire ;
Et les mers, 8c l'amour, 8c Varus, 8c le roi ,
Le ciel, les élémens, font armés contre moi.
Fatale ambition, que j'ai trop écoutée,
Dans quel abyme affreux m'as-tu précipitée !
Je vous l’avais bien dit, que dans le fond du cœurLe roi fe repentait de fa juste rigueur.
De son fatal penchant I ascendant ordinaireA révoqué l'arrêt dicté dans fa colère.
J en ai déjà reçu les funestes avis ;
Et Zarès à son roi renvoyé par fnépris ,
Ne me laisse en ces lieux qu'une douleur stérile,
Et le danger qui fuit un éclat inutile.