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• Acte premier. 323
Malgré la juste horreur que j’ai pour sa famille ,
Le Sénat à mes foins a confié fa fille.
Elle n’a point ici de ces respects flatteurs,
Qui des enfans des rois empoisonnent les cœurs ;
Elle n’a point trouvé la pompe Sc la mollesseDont la cour des Tarquins enivra fa jeunesse ;
Mais je fais ce qu’o n doit de bontés 8c d’honneur,
A son sexe, à son âge , 8c surtout au malheur.
Dès ce jour, en son camp, que Tarquin la revoie;Mon cœur même en conçoit une secrète joie.
Qu’aux tyrans déformais rien ne reste en ces lieux,Que la haine de Rome 8c le courroux des dieux.
Pour emporter au camp l’or qu’il faut y conduire,Rome vous donne un jour, ce temps doit vous suffire.Ma maison cependant est votre fureté,
Jouissez-y des droits de l’hospitalité.
Voilà ce que par moi le Sénat vous annonce.
Ce soir à Porsenna rapportez ma réponse:
Reportez-lui la guerre , 8c dites à TarquinCe que vous avez vu dans le Sénat romain.
( aux Sénateurs. )
Et nous du Capitule allons orner le faîte ,
Des lauriers dont mon fils vient de ceindre fa tête ;Suspendons ces drapeaux, 8c ces dards tout sanglansQue ses heureuses mains ont ravis aux Toscans.
Ainsi puisse toujours, plein du même courage,
Mon sang, digne de vous, vous servir d’âge en âge íDieux ! protégez ainsi contre nos ennemisLe consulat du père, 8c les armes du fils !
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