B R u T u s.
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Si dans le sein de Rome il se trouvait un traître,
Qui regrettât les rois & qui voulût un maître,
Que le perfide meure au milieu des tourmens :
Que fa cendre coupable, abandonnée aux vents,
Ne laisse ici qu’un nom, plus odieux encoreQue le nom des tyrans, que Rome entière abhorre.
A r o n s avançant vers F autel.
Et moi, fur cet autel qu’ainsi vous profanez,
Je jure au nom du roi que vous abandonnez,
Au nom de Porsenna, vengeur de sa querelle,
A vous , à vos enfans, une guerre immortelle.
( Les Sénateurs font un pas vers le Capitole. )Sénateurs , arrêtez , ne vous séparez pas ;
Je ne me fuis pas plaint de tous vos attentats.
La fille de Tarquin, dans vos mains demeurée,
Est-elle une victime à Rome consacrée?
Et donnez-vous cjs fers à ses royales mains,
Pour mieux braver son père 8c tous les souverains ?Que dis-je! tous ces biens, ces trésors, ces richessesQue des Tarquins dans Rome épuisaient les largesses,Sont-ils votre conquête, ou vous font-ils donnés?
Est-ce pour les ravir que vous le détrônez?
Sénat, si vous l’osez, que Brutus les dénie.
B r u t u s Je tournant vers Arons.
Vous connaissez bien mal, 8c Rome 8c son génie.
Ces pères des Romains, vengeurs de l’équité,
Ont blanchi dans la pourpre 8c dans la pauvreté ;Au-dessus des trésors que fans peine ils vous cèdent ,Leur gloire est de dompter les rois qui les possèdent. ( 2 )Prenez cet or, Arons, il est vil à nos yeux.
Quant au malheureux sang d’un tyran odieux,