Z28 B R U T U S.
M E S S A L A.
Et je sais qu’il murmure :Son cœur altier 8c prompt est plein de cette injure :Pour toute récompense il n’obtient qu’un vain bruit,Qu’un triomphe frivole , un éclat qui s’enfuit.J’observe d’aísez près son ame impérieuse,
Et de son fier courroux la fougue impétueuse ;
Dans le champ de la gloire il ne fait que d’entrer,
II y marche en aveugle ; on l’y peut égarer.
La bouillante jeunesse est facile à séduire :
Mais que de préjugés nous aurions à détruire !Rome, un consul, un père, 8c la haine des rois,
Et l’horreur de la honte, 8c surtout ses exploits.Connaissez donc Titus, voyez toute son ame,
Le courroux qui l’aigrit, le poison qui l’enflamme;
II brûle pour Tullie.
A R o N s.
II Palmerait!
M E s S A L A.
Seigneur,
A peine ai-je arraché ce secret de son cœur;
II en rougit lui-même: 8c cette ame inflexibleN’ose avouer qu’elle aime, 8c craint d’être sensible.Parmi les passions dont il est agité,
Sa plus grande fureur est pour la liberté.
A R o N s.
C’est donc des sentimens 8c du cœur d’un seul homme,Qu’aujourd’hui, malgré moi, dépend le sort de Rome