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Tome premier.
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B R U T U S.

Je l’avoue, il est vrai, ce dangereux poisonA pour quelques momens égaré ma raison;

Mais le cœur d’un soldat sait dompter la mollesse;

Et l'amour n’est puissant que par notre faiblesse.

M e s S A L A.

Vous voyez des Toscans venir l' ambassadeur;

Cet honneur qu'il vous rend...

Titus.

Ah ! quel funeste honneur !Oue me veut-il? C’est lui qui m'enlève Tullie;

C’est lui qui met le comble au malheur de ma vie.

SCENE IL

TITUS, ARONS.

A R O N s.

.A^pres avoir en vain, près de votre Sénat,

Tenté ce que j’ai pu pour sauver cet Etat,

Souffrez qu’à la vertu rendant un juste hommage,J’admire en liberté ce généreux courage,

Ce bras qui venge Rome, 8c soutient son paysAu bord du précipice où le Sénat l’a mis.

Ah ! que vous étiez digne , 8c d’un prix plus auguste,Et d’un autre adversaire, 8c d’un parti plus juste!

Et que ce grand courage, ailleurs mieux employé,D’un plus digne salaire aurait été payé !

11 est , il est des rois, j’ose ici vous le dire,

Qui mettraient en vos mains le fort de leur Empire,