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Tome premier.
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335
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Acte second.

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Sans craindre ces vertus qu’ils admirent en vous,Dont j’ai vu Rome éprise, 8: le Sénat jaloux.

Je vous plains de servir sous ce maître farouche,

Que le mérite aigrit, qu’aucun bienfait ne touche ;Oui, né pour obéir, se fait un lâche honneurD’appesantir sa main sur son libérateur;

Lui qui, s’il n’usurpait les droits de la couronne ,Devrait prendre de vous les ordres qu'il vous donne.Titus.

Je rends grâce à vos foins, Seigneur, 8c mes soupçonsDe vos bontés pour moi respectent les raisons.

Je n’examine point fi votre politique

Pense armer mes chagrins contre ma République,

Et porter mon dépit, avec un art si doux,

Aux indiscrétions qui suivent le courroux.

Perdez moins d’artifice à tromper ma franchise ;

Ce cœur est tout ouvert S: n’a rien qu’il déguise.Outragé du Sénat j’ai droit de le haïr;

Je le hais : mais mon bras est prêt à le servir.

Quand la cause commune au combat nous appelle,Rome au cœur de ses fils éteint toute querelle;Vainqueurs de nos débats nous marchons réunis ;

Et nous ne connaissons que vous pour ennemis.Voilà ce que je fuis 8c ce que je veux être.

Soit grandeur, soit vertu, soit préjugé, peut-être;Né parmi les Romains , je périrai pour eux.

J’aime encor mieux, Seigneur, ce sénat rigoureux,Tout injuste pour moi, tout jaloux qu’il peut être;Que l’éclat d’une cour 8c le sceptre d’un maître.

Je fuis fils de Brutus, 8c je porte en mon cœurLa liberté gravée, 8c les rois en horreur.